Trame

Laselec se lance dans le dénudage

La PME toulousaine spécialisée dans la fabrication de machine déliées au marquage par laser UV de câbles aéronautiques s’est engagée dans le projet Sylade. Objectif: dépasser son cœur d’activités pour se lancer dans le dénudage de câbles. « La technique laser utilisée dans le dénudage garantit sa qualité; elle ne risque pas d’endommager les fils au cœur de câble », explique Eric Dupont, le pdg. Une technologie utile pour des câbles complexes utilisés par l’aéronautique ou le médical. Actuellement dans la phase de développement, la société, qui consacre plus de 15 % de son chiffre d’affaires à la R&D, espère pouvoir sortir sur le marché d’ici fin 2012 ses premiers produits de dénudage.
Cet accent mis sur la R&D se retrouve également dans la participation de Laselec au projet FUI Vesuve, labellisé par Aerospace Valley. L’objectif? Augmenter de façon conséquente la productivité du marquage de câbles aéronautiques. Ce programme, qui vise à développer les solutions laser du futur, va être lancé prochainement. Une stratégie de diversification d’activités qui se double d’une recherche de diversification sur la clientèle: les secteurs de l’automobile, du spatial et du médical sont davantage visés depuis 2 ans. Mais l’aéronautique constitue toujours 95 % du chiffre d’affaires de Laselec: que ce soient les avionneurs Airbus, Bombardier, Cessna, Fuji, MiG, les sous-traitants comme Latelec (Latécoère) et Labinal (Safran), les groupes de maintenance comme Air France Industries.

Notoriété mondiale.
Avec 35 employés en France (ils étaient cinq en 2001) et un chiffre d’affaires de 4,2 millions d’euros en 2011, Laselec a acquis une notoriété mondiale en conception et fabrication de machines de marquage de câbles. Depuis dix ans, la PME toulousaine met en œuvre une stratégie export ambitieuse et constante: en 2011, trois nouveaux bureaux ont été ouverts à l’étranger. Un bureau avec un volontaire international en entreprise (VIE) au Mexique s’est transformé en filiale, proche de  Bombardier, Eurocopter et Gulfstream. Un bureau a été ouvert au Maroc, hébérgé par le joint-venture Matis Aerospace, afin d’être près de Labinal. Enfin, un bureau support client avec un VIE a été ouvert en juin 2011 au Japon. « C’est un gros marché pour nous, car les Japonais sont soucieux de la qualité, de la fiabilité et des services clients; trois atouts majeurs qui nous différencient de nos concurrents », avance Marie-Line Laval, directrice commerciale.

Présence en Asie.
Un réseau de distributeurs existe en Chine et en Inde, deux pays sur lesquels Laselec a des vues en matière d’implantation. Une présence affirmée en Asie qui s’explique aussi par le ressenti de la crise en Espagne et en Italie, avec des reports de commandes. Mais ce sont les États-Unis qui constituent le marché le plus important de Laselec, qui y est présente via une filiale à Grand Prairie, près de Dallas.
Laselec n’est confronté qu’à deux concurrents, l’un britannique, l’autre américain. « En tant que laséristes, nous maîtrisons entièrement cette technologie, souligne Eric Dupont. Les entreprises clientes travaillant en flux tendu, nous privilégions les installations locales et nous nous devons d’être très performants et réactifs. » La seule ombre au tableau, aujourd’hui, pour le pdg: « Nous souffrons de la parité euro-dollar dans la zone dollar, car nous fabriquons en France. »

AIR&COSMOS N° 2311
www.air-cosmos.com
04 mai 2012