Trame

Identifier pour mieux tracer les câbles

ULYS 330.

Cette machine en quatre exemplaires chez Airbus sera, tout comme la MRO 200, présentée en public au prochain Salon du Bourget.

C’est à un véritable casse-tête auquel les avionneurs et motoristes sont confrontés. En effet, pas moins de 200 Km de câbles sont nécessaires pour alimenter un avion de type gros-porteur.
Et bien sûr les câbles n’ont pas tous les mêmes caractéristiques, qu’elles soient électriques ou physiques, avec des longueurs et des sections qui varient.Ce qui expliquent que les câbles doivent répondre à des normes d’identification parmi lesquelles on trouve des repérages par manchons, par étiquetage, ou par marquage de l’isolant. Chaque marque d’identification est espacée de 25 mm à 350 mm selon divers critères. Ils dépendent fortement de la longueur du câble lui-même, les repères étant plus resserrés sur des câbles courts, tandis que sur les câbles longs les repères aux extrémités sont serrés et plus lâches au milieu.
Ces marquages sont nécessaires pour faciliter les opérations de montage d’un appareil neuf, mais aussi pour faciliter le remplacement d’un câble lors de la maintenance ou encore pour assurer la traçabilité lorsqu’il s’agit de remonter à l’origine d’un phénomène électrique non expliqué.
Depuis son origine, l’aviation commerciale, et plus tardivement l’aviation militaire, a fait appel au marquage des câbles par frappe à chaud. Elle consiste à frapper un ruban encreur sur l’isolant du toron de cuivre ou d’aluminium à l’aide d’un poinçon porté à haute température, lequel poinçon porte l’identification à reproduire. Cette solution est acceptable tant que les épaisseurs d’isolants et les diamètres des câbles ne sont pas trop faibles.
Or la recherche de réduction des masses conduit les avionneurs à développer, avec leurs coopérants spécialistes du câblage, des câbles de plus en plus légers. Ce qui revient à dire que des câbles avec des torons et des épaisseurs d’isolants beaucoup plus minces.
La société Laselec avait lancé dans les années 1990 des études en vue de développer une solution alternative non seulement au marquage par frappe à chaud, mais aussi au marquage par jet d’encre qui n’offrait pas toutes les garanties de résistance en immersion ou au vieillissement.
Sur isolant comportant du Tlo². C’est ainsi que Laselec a développé sa première machine de marquage de câbles par laser YAG ultraviolet (UV) pompé par lampe flash. « Ce type de machine, dénommée Ulys, est en service chez Agusta Westland, Airbus, Boeing, Dassault, Embraer, etc., et avait été développé à l’origine avec Eurocopter », explique Marie-Line Laval, directrices des ventes export chez Laselec. Elles ont démontré un taux de productivité élevé tout en garantissant un marquage non agressif et permanent. Le principe du marquage YAG – UV est dû à la pigmentation Tlo² de l’isolant qui réagit au rayonnement ultraviolet pour faire apparaître les caractères servant à identifier les câbles. Les câbles ne perdent pas leurs propriétés électriques et le marquage est indélébile.
La gamme des machines Ulys est dédiée aux productions de moyennes et grandes séries. Laselec a développé des machines MRO 200, qui permet de répondre aux besoins des centres de maintenance, de réparation ou de modification et de petites séries. Laselec ne compte pas en rester là. Le plan de recherche et de développement qu’elle avait engagé en 2001 et qui avait été primé par le ministère de la recherche et de l’Anvar se poursuit. Il devrait lui permettre, avec le concours des laboratoires de recherche, de proposer à moyen terme une nouvelle gamme de produits basés sur le laser YAG ultraviolet pompé par diode, qui offrent de meilleures performances en termes de vitesse de marquage tout en offrant une durée de vie quasi-illimitée des diodes par rapport aux lampes flash des machines existantes.

NICOLE BEAUCLAIR.

AIR COSMOS – N° 1885 – 11 Avril 2003